LA DUALITÉ DE NOS HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

LA DUALITÉ DE NOS HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

 « Le coeur a ses raisons que la raison ignore. »

Depuis des millénaires l’Inde s’est interrogée sur la structure de la condition humaine. 

Au fil du temps, dans cette quête, ces explorateurs du véhicule psycho-physique ont affiné leurs compréhensions, poussant parfois à l’extrême les moyens de parvenir au déconditionnement des contenus de l’inconscient afin de voir s’il y avait quelque chose au delà.

Sur ce chemin, ils ont compris certaines choses que nos sociétés occidentales, portées plutôt vers l’évolution industrielle et scientifique, ont oublié de prendre en compte : l’harmonie de notre dualité cérébrale et la nécessité d’y prêter attention.

De notre coté, il faudra donc attendre 1780 pour que la communauté scientifique s’intéresse à l’asymétrie fonctionnelle de notre cortex cérébral.

Le premier a pensé que chaque hémisphère possédait une conscience propre fut Meinard Simon Du Pui, qui qualifia l’être humain d’ « homo duplex » : doué d’un cerveau dual et d’un esprit dual.

Les deux moitiés de notre cerveau, non contentes de percevoir le monde ou de réfléchir chacune à sa manière, prônent des valeurs propres au type de données qu’elles traitent.

« Un même individu a constamment recours à l’une ou l’autre manière d’appréhender mentalement un problème selon qu’il se sert de son hémisphère droit ou gauche. » Dr Roger W. Sperry 1981

En général, il nous est difficile, de distinguer la personnalité de l’un et l’autre de nos hémisphères – chacun de nous se perçoit comme un individu unique.

Cependant, vous avez sans doute déjà reconnu chez vos proches, ou même en vous, les traits de caractère correspondant à l’un ou l’autre de vos hémisphères ; cette lutte intérieure entre des tendances opposées :

> lorsque la « raison » (hémisphère gauche) vous dicte d’opter pour tel choix alors que votre « cœur » (hémisphère droit) vous incite à un autre.

> lorsque vous distinguez ce que vous pensez (hémisphère gauche) de ce que vous ressentez (hémisphère droit).

> lorsque vous opposez raisonnement intellectuelle (gauche) et instinct (droit).

> lorsque vous différenciez votre moi superficiel (hémisphère gauche) et votre moi profond ou authentique (hémisphère droit). 

Un adepte de Carl Jung distinguera le type sensitif (l’hémisphère gauche) du type intuitif l’hémisphère droit), ou le type intellectuel (cerveau gauche) du type affectif (cerveau droit). 

Dans le domaine du Yoga, on oppose le cerveau masculin (sa moitié gauche) au féminin (sa moitié droite), le Ha (solaire) au Tha (lunaire), Ida à Pingala et nos tendances rajasiques à nos tendances tamasiques.

Peu importe la terminologie employée : les diverses tendances de la personnalité de chacun découlent des deux hémisphères distincts dont se compose notre cerveau.

En temps normal, les deux hémisphère devraient se compléter l’un l’autre en tirant ainsi le meilleur parti de leur aptitudes respectives au quotidien. Mais notre société, supposée « évoluée », encense la domination de notre hémisphère gauche depuis fort longtemps.

Si bien que beaucoup s’en tiennent à un fonctionnement unilatéral de leurs hémisphères ; par un mode de pensée rigide et critique (en n’ayant recours qu’à leur cerveau gauche) sans nécessairement consentir à réviser leurs opinions.

À l’inverse, d’autres, dépassés par une société qui ne leur correspond pas, se coupent du réel en passant leur temps « la tête dans les nuages » (à l’intérieur de leur cerveau droit), ou choisissent de fuir la réalité dans la consommation d’alcool ou autres substances.

Bombardés d’informations, de stimuli, de « mémoires » et persuadés de la supériorité de l’intelligence intellectuelle face à l’intelligence émotionnelle, n’étant pas éduqué à l’équilibre de sa dualité, le mental sautant d’une pensée à l’autre sans relâche et avec, de plus en plus, le niveau de concentration d’un poisson rouge, l’humain s’enferme sans le comprendre dans diverses peurs, conditionnements et souffrent de multiples déséquilibres.

Chacun de nos deux hémisphères voit les choses sous un angle différent, éveille en nous des émotions particulières et nous incite à nous comporter de telle ou telle manière.

// L’HÉMISPHÈRE GAUCHE A.K.A « LA RAISON »

Notre hémisphère gauche contrôle la moitié droite de notre corps, il est donc lié à notre souffle par la narine droite (Svara solaire), à Pingala, et nos penchants rajasiques dont la nature est instabilité et agitation.

Notre hémisphère gauche se montre par nature critique. Il juge, analyse et compare sans cesse.

Il rattache les instants riches de sensations selon un ordre chronologique, et compare les particularités de tel moment donné à celles du précédent. 

En retraçant l’évolution au fil du temps de ce qui a caractérisé un instant ou un autre, notre hémisphère gauche nous donne une idée du passé, du présent et du futur. 

C’est notre hémisphère gauche qui nous rappelle qu’il faut placer un pied avant l’autre pour marcher ou comment utiliser un téléphone. Et c’est lui qui entre en jeu dans les raisonnements déductifs de type: si A est plus grand que B et B plus grand que C alors A est plus grand que C. ou que le feu, ça brûle. 

Notre hémisphère gauche s’attache à une infinité de détails. 

Les régions dédiées au langage de notre hémisphère gauche ont recours aux mots pour décrire, définir, qualifier ou encore cataloguer à peu près tout et n’importe quoi. Ce sont elles qui décomposent notre perception globale en éléments comparables et analysables. 

Les études universitaires lui conviennent à merveille et la maîtrise des détails qu’il analyse lui procure un sentiment de maîtrise et d’autorité.

Le « centre du langage» de notre hémisphère gauche nous parle sans arrêt, il a entre autres pour rôle de définir notre individualité. C’est lui que nous entendons dire «je ». 

Notre ego prend racine dans notre centre du langage. Nous en avons besoin pour ne pas oublier qui nous sommes et ne pas perdre conscience de notre identité, nous rappeler notre nom ou notre adresse et définir notre individualité dans l’espace.

Non content de penser à l’aide d’un langage verbal, notre hémisphère gauche nous incite à réagir à certains stimuli en fonction de nos expériences passées. 

Il établit entre nos neurones des connexions qui s’activent ensuite automatiquement en présence de telle ou telle information que nous transmettent nos sens; ce qui nous permet de traiter d’importantes quantités de données sans avoir à les analyser une à une. 

Vu que nous « programmons » en permanence notre hémisphère gauche pour qu’il identifie le plus vite possible un maximum de situations, il ne manque jamais d’anticiper sur nos pensées ou nos réactions émotionnelles en prenant appui sur nos expériences passées. Ainsi, il établit une hiérarchie entre nos penchants (ce qui nous attire) et nos aversions (ce qui nous répugne).

// L’HÉMISPHÈRE DROIT A.K.A « LE COEUR »

Notre hémisphère droit contrôle la moitié gauche de notre corps, il est donc lié à notre souffle par la narine gauche (Svara lunaire), à Ida, et nos penchants tamasique dont la prépondérance dans le corps engendre la sensation de lourdeur, l’inertie et la paresse.

Notre hémisphère droit se montre par nature spontané, aventureux, insouciant et imaginatif. 

Éternellement satisfait, il ne renonce jamais à son optimisme. Il ne juge pas en termes de bien ni de mal; tout existe de son point de vue dans un continuum; tout est relatif. 

Il prend les choses comme elles viennent et s’adapte aux situations telles qu’elles se présentent. Il remarquera que telle personne est plus grande ou plus riche que telle autre sans en inférer un jugement de valeur pour autant. Notre hémisphère droit ne perçoit pas les différences de type ethnique ou de religion, ou du moins il ne s’y arrête pas.

Lorsqu’il est dominant et en l’absence des règles définies par notre hémisphère gauche, Il se sent libre de se fier à son intuition et encourage nos penchants artistiques à s’exprimer sans la moindre inhibition.

Du point de vue de l’hémisphère droit, il n’existe pas d’autre temps que le présent.

La conscience que nous avons de quelque chose qui nous dépasse, auquel nous sommes liés, s’inscrit dans l’instant présent.

Il perçoit immédiatement ce qu’il y a de semblable en vous et moi et ce qui relie chacun d’entre nous. Notre empathie prend naissance dans notre cortex frontal droit.

Il interprète tout ce qui relève de la communication non verbale. Il tient compte d’indices aussi subtils que l’intonation, l’expression du visage ou la posture du corps.

Il a pour tâche de renouveler notre point de vue sur les choses : il met à jour les « dossiers » de notre cerveau en rectifiant les informations dépassées.

Notre hémisphère droit interprète les bouleversements énergétiques que nous percevons à un niveau inconscient ; comme deviner quelle ambiance règne parmi un groupe de personnes en s’en approchant. Cette capacité à détecter l’énergie qui nous entoure explique notre dynamique énergétique interne aussi bien que nos facultés intuitives.

C’est dans notre hémisphère droit que résident nos tendances mystiques, nos facultés d’observation, d’intuition, de clairvoyance.

Voilà quelques phrases tirées du livre témoignage du Dr Jill Bolte Taylor, « Voyage au-delà de mon cerveau », neuro-anatomiste reconnue, qui s’est vue frappée un matin d’un AVC sévère dans son hémisphère gauche : 

« je me suis sentie touchée par la grâce dans le silence de mon hémisphère gauche soudain indifférent à tout ce qui composait mon quotidien.»

« D’un point de vue neuro-anatomique, la paix intérieure a envahi mon hémisphère droit quand le centre du langage et l’aire associative pour l’orientation de mon hémisphère gauche ont cessé de fonctionner. »

« Mon être me semblait fluide et non plus solide ou une entité autonome distincte du reste. Me voilà en train de me fondre dans l’espace environnant ! »

« Le babil de mon cerveau venait de céder la place à une quiétude bienfaisante. »

« La faculté de juger de mon hémisphère gauche s’est mis en veilleuse. Un sentiment de tranquillité, de paix, de sécurité, d’euphorie et même d’omniscience m’a envahie. »

« Depuis que mon hémisphère droit régnait en maître sur ma conscience, je débordais d’empathie. J’avais beau ne pas saisir un traître mot de ce qui se racontait autour de moi, les physionomies et les postures des uns et des autres m’en disaient long sur leur états d’esprit. Certains me communiquaient leur énergie alors que d’autres au contraire me pompaient la mienne. »

« Plus mon passé me revenait en mémoire, plus mon bagage émotionnel refaisait surface. »

// À LA RECHERCHE DE L’HARMONIE 

« Une tête bien faite et un bon coeur forment toujours une formidable combinaison. » Nelson Mandela

Un équilibre harmonieux entre les tendances associées à chacun de nos hémisphères devrait nous assurer assez de flexibilité sur le plan cognitif pour nous adapter au changement (grâce à notre cerveau droit) sans dévier pour autant du chemin que nous nous sommes tracé (à l’aide de notre cerveau gauche).

Ce rééquilibrage est ce que peuvent induire l’ensemble des pratiques yogiques dans votre vie quotidiennes. Les diverses techniques de concentration sont là pour apaiser l’activité de notre hémisphère gauche dominant, le vider de son contenu sensoriel et intellectif le temps de la pratique, afin de redonner la possibilité à l’hémisphère droit de se révéler.

L’équilibre entre nos deux hémisphères est l’équanimité qui définie le Yoga, autrement dit : l’union entre le Ha et le Tha, l’équilibre entre nos tendances rajasiques et tamasiques qui ouvre alors la voie vers nos qualités sattviques. 

Notre hémisphère droit abrite une forme de conscience dont dépend notre quiétude, notre joie, notre capacité d’émerveillement, l’absence de peur et notre amour pétri de compassion pour le reste du monde. Il abrite notre intelligence émotionnelle.

Mettre en sommeil notre hémisphère gauche ; notre ego, nos mémoires, nos pensées et sortir de l’espace-temps, le temps de la pratique méditative, c’est prendre le recul nécessaire pour nous rendre plus apte à définir le comportement adéquate à choisir selon la circonstance en dehors du tapis.

C’est réaliser que nous ne sommes pas le produit de notre hémisphère gauche.

« L’éveil ne résulte pas d’un apprentissage mais, au contraire, d’un désapprentissage de ce que l’on croit savoir. » Dr Kat Domingo

Plus vous pratiquez, plus vous sollicitez votre hémisphère droit, plus vous parvenez facilement à éloigner les pensées angoissantes qui vous distraient de l’ « ici et maintenant » dans la vie quotidienne, et plus vous suscitez en vous sérénité et sympathie pour autrui.

La santé mentale de notre société dépend de celle des individus qui la composent.

Nous sommes conscient que le corps a besoin d’exercices pour la santé physique.

L’humanité doit réaliser qu’une hygiène cérébrale est nécessaire pour sa santé mentale.

Le Yoga est là pour cela. Chacun de nous en a les capacités.

Pourquoi respirer Ujjayi pendant la pratique posturale

Pourquoi respirer Ujjayi pendant la pratique posturale

La respiration Ujjayi est l’ingrédient qui m’a interpelé dès mon premier cours ; à la sensation d’unité parmi les pratiquants, tous sur la même fréquence, s’ajoutaient celles de puissance et de concentration. J’avais l’impression de sentir la salle respirer.

La respiration Ujjayi, à ne pas confondre avec Ujjayi pranayama, impliquant des rétentions et une intériorisation complète, est propre à la méthode posturale de T. Krishnamacharya ; le Vinyasa Krama.

C’est l’utilisation d’une respiration controlée, et la concentration de l’esprit sur cette respiration, comme moyen de connecter (Yuj) le corps et le mental, en la synchronisant avec les mouvements exécutés.

« L’Ashtanga Vinyasa Yoga, c’est simplement la respiration Ujjayi avec un petit peu de mouvement. » – Richard Freeman (The Art of Vinyasa)

Ce sont de longues inspirations et expirations, profondes, douces, uniformes et ininterrompues, à travers une glotte partiellement fermée, créant une sensation de frottement dans la gorge et le son caractéristique d’Ujjayi.

« Le sifflement doux produit devrait ressembler à celui d’un cobra. » T. Krishnamacharya

Elle est tenue durant toute la pratique posturale, à l’exception de certaines pauses admises, et des postures finales inversées.

Personnellement, j’intensifie la respiration Ujjayi lorsque je guide un cours de manière à rappeler aux élèves de s’y concentrer. Cela m’a beaucoup aidé à parfaire ce souffle. Mais pendant la pratique, le son produit sans tension dans les muscles du cou ou la langue, ne devrait être audible que dans un périmètre d’1 à 2 mètres.

L’utilisation de Mula et Uddiyana Bandha facilitera la respiration Ujjayi, tout en améliorant sa qualité et ses effets.

…… 

« La pratique d’une posture suppose un contrôle rigoureux de la respiration si l’élève désire en retirer un maximum d’effets positifs. Par conséquent bien qu’asana concerne d’abord le corps physique, son influence s’exerce bien au-delà. » – Kausthub Desikachar

La fermeture partielle de la glotte permet un contrôle précis du débit respiratoire afin de synchroniser la durée d’un mouvement avec celle d’une phase respiratoire : 

– Un mouvement ascendant, expansif, ou la sortie d’une pose sera en conjonction avec une inspiration, favorisant l’envol, le redressement de la colonne, l’étirement…

– Un mouvement descendant, contracté, ou d’installation sera en conjonction avec une expiration, favorisant l’ancrage, la récupération, l’intériorisation.

Ainsi le rythme respiratoire (nombre de cycles d’expirations et d’inspirations par minute) est réduit ; l’espérance de vie est ainsi prolongée – c’est un des axiomes du yoga. 

« Notre rythme respiratoire normal est d’environ quinze respirations par minute. Dans le vinyasa krama, nous réduisons considérablement le rythme respiratoire. Les débutants peuvent respirer à un rythme d’environ six respirations par minute tout en pratiquant le vinyasa krama. Avec une pratique assidue, il est possible pour les pratiquants avancés de réduire leur rythme respiratoire à environ deux respirations par minute pendant presque toute la durée de leur pratique de yoga asana. » – Srivatsa Ramaswami

Du fait de la réduction du rythme respiratoire, l’activité parasympathique augmente d’un coté, alors que l’exigence de la pratique corporelle du Vinyasa Krama (pratique dynamique) augmente l’activité (ortho)sympathique d’un autre côté. 

Le système nerveux autonome, régulant la fréquence cardiaque, la pression artérielle, la digestion, la transpiration… et de nombreux organes, tend ainsi à s’équilibrer et se tonifier.

Plus vous pratiquez plus les effets se font sentir : moins de transpiration et de fatigue, endurance, contrôle et concentration améliorés, santé renforcée.

La respiration Ujjayi implique également un renforcement des muscles respiratoires ce qui en fait une excellente préparation au Pranayama, et à la maîtrise de Jalandhara Bandha, nécessaire aux rétentions (Kumbhaka). 

Par l’augmentation de la température interne du corps que cela implique, cela fait référence à un autre axiome du Yoga cher aux Nathayogin, et à la notion de Tapas, afin que les noeuds (psycho-affectifs) soient brûlés pour que l’énergie circule librement.

« Tel le feu qui brûle les impuretés du métal en fusion, le souffle contrôlé brûle toutes les impuretés des sens. » T. Krishnamacharya (Yogarahasya)

Enfin, il est reconnu que la qualité de notre respiration est directement liée à nos émotions. Ainsi qui contrôle son souffle, de surcroît pendant une activité physique intense, apprend à contrôler son mental, sur et en dehors du tapis – face à des situations ardues.

« Quand le metal est calme, la posture est juste. » S.K.Pattabhi Jois

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La respiration Ujjayi servant de base à la pratique posturale, elle devrait idéalement être travaillée séparément avant d’apprendre à se déplacer en conjonction avec elle.

Bouche ouverte cherchez d’abord à expirer comme si vous vouliez faire de la buée sur une vitre. Puis en allongeant le temps de l’expiration, dirigez votre langue vers l’arrière. Vous devriez ainsi parvenir à produire le son recherché. 

Il s’agit maintenant de reproduire la sensation de frottement, d’élévation du voile du palais et de filtration de l’air, bouche fermée, à l’expiration comme à l’inspiration. 

Un fois cela établi, portez votre attention sur le son de Ujjayi et allongez le temps de vos respirations en dirigeant le souffle avec douceur, et des inspirations et des expirations de même qualité et de même longueur, tel le bruit des vagues qui vont et viennent.  

Le son de la respiration Ujjayi agit comme un métronome qui maintient le rythme et la qualité de la respiration cohérents, tout en inhibant le traitement des informations extérieures superflues, ce qui en fait un excellent support de concentration.

Initiant ainsi la connection mental-respiration, dirigez votre attention vers le centre de la cavité thoracique – point rayonnant de la respiration inhalée. 

La respiration est le fondement des formes internes de la pratique, invisibles à l’oeil extérieur.

Ressentez dans l’inspiration la cage s’ouvrir, les côtes se dilater, le diaphragme s’abaisser et ces sensations d’expansion, d’élévation, qui se propagent dans tout le corps. Soyez attentif jusqu’au sommet de l’inspiration – dans l’espace avant que l’expiration ne commence.

Dans l’expiration, ressentez les côtes se refermer pour s’adapter à la réduction de la taille des poumons, le ventre et le haut du dos se relâcher, le plancher pelvien se tonifier naturellement sur la fin de l’expiration. Soyez attentif au sentiment d’écrasement, d’ancrage, de relâchement…

Ce n’est pas l’air que vous respirez que vous voulez observer, mais le lent mouvement du Prana (souffle-vital) : un flux et reflux continu de sons et de perceptions qui unifient, soutiennent et nous informent aux niveaux physique, mental et émotionnel.

«  C’est par l’étude du souffle-vital que tu pourras comprendre la loi cosmique, la signification des harmonies transcendantes, le contenu des livres sacrés, la nature de tout ce qui se trouve dans les 3 mondes. Le souffle-vital est le reflet de l’atman, de l’âme universelle. » Le Shiva-Svarodaya (16)

En synchronisant cette respiration aux mouvements avec la même attention, et à force de pratique, la perception du corps devient plus intériorisée et plus subtile. 

Se faisant, la pratique prend une qualité profondément méditative.

….

Bien qu’il semble que la respiration Ujjayi soit plus adéquate aux pratiques posturales dynamiques, je l’emploie volontiers dans des pratiques dites « Yin », mais aussi pour me calmer si je suis énervée, pour me concentrer, lorsque j’ai une décision importante à prendre, ou quand j’ai besoin de me sentir forte. 

« (Le Yoga) Un éventail de moyens, de chemins, pour une unique destination : l’harmonie intérieure fondée sur la connaissance de soi. » Colette Poggi

La respiration Ujjayi (« victorieuse ») est juste un moyen extrêmement efficace de vous faire avancer sur le chemin de la pratique du Yoga en amplifiant ses bienfaits et vous préparant au niveau de concentration, d’aisance et de contrôle requis pour les pratiques de Pranayama et de méditation. 

Lorsqu’à l’avant du tapis, prêt à démarrer, on enclenche la respiration Ujjayi et se pose quelques instants sur ce souffle, le monde extérieur s’évanouit, un mélange de paix et de joie s’éveille. Dans cette intention, l’enchainement des postures ne peut être confondu avec une séance de sport ou d’étirement, du moins pour celui qui le vit.

Les NIYAMAS à l’intention des pratiquants d’aujourd’hui

Les NIYAMAS à l’intention des pratiquants d’aujourd’hui

NIYAMA #1 – SAUCHA – la pureté

Les Yogis attachent une grande importance aux pratiques de purification.

Purification à la fois du corps et du mental ; par la pratique des Kryas, du Pranayama, des postures, mais aussi par la méditation et le système éthique des Yamas et Niyamas.

La propreté se voit à l’extérieur. La purification agit sur notre intérieur et change notre force vitale.

S’engager dans des processus de purification, c’est se préparer à l’éveil de la conscience.

C’est se débarrasser, s’alléger, des toxines, blocages, distractions et dispersions afin de gagner en clarté pour affronter chaque instant avec intégrité et fraîcheur.

Prendre des mesures pour se purifier sera différent pour chacun de nous. 

Cela peut prendre la forme d’une augmentation du temps de pratique posturale, ou de Pranayama, ou une augmentation de la consommation d’eau, un jeûne, un sauna, aller marcher seule en forêt, ou peut-être une journée de nettoyage des placards, ou dossiers administratifs. 

Cela peut-être aussi de travailler sur le pardon, ou l’acceptation, en vu de s’alléger du lourd bagage de la victimisation ou de la colère, ou encore d’aller faire ses excuses, ou dire ce qui nous pèse, en expliquant notre point de vue et en sachant écouter l’autre.

Cela commence toujours par l’intention d’alléger la charge que nous portons.

Saucha nous invite à faire ce qu’il faut pour se débarrasser de ce qui nous pèse, où que ce soit dans notre vie.

Un autre aspect de Saucha que j’aime explorer est notre (in)capacité à vivre la pureté de l’instant.

Être avec le moment tel qu’il est et non pas tel que nous souhaitons qu’il soit ou pense qu’il devrait être, ou tel qu’on s’attend à ce qu’il soit.

Les bouddhiste appelle cela « l’esprit du débutant », où comme au travers des yeux d’un tout jeune enfant ; curieux, ouvert, joueur et capable d’être surpris, sans jugement, doute, à priori ou comparaison. Sans conditionnement.

Un esprit pure, attentif à la magie du moment présent.

NIYAMA #2 – Santosha – le contentement

Enfants, nous rêvons d’être des grands, une fois grand, nous avons hâte de quitter le foyer familiale, d’être autonome, puis ce sera mieux quand on sera en vacances, mieux si il faisait beau, mieux avec d’autres, mieux si c’était plus prés, mieux si ce pull était rouge…

Santosha, c’est profiter de ce que nous avons.

Nous comparons constamment chaque instant et chaque chose sur la base de notre appréciation. Mais cette appréciation n’est que l’étiquetage que nous mettons sur ces choses qui les rends attrayantes ou insatisfaisantes à nos yeux. 

Le contentement commencent à trouver son chemin en nous lorsque nous pouvons voir les choses telles qu’elles sont, et ne pas dépenser autant d’énergie à manipuler les choses selon nos préférences. Mais à se satisfaire de chaque instant.

Il est facile de se sentir satisfait quand on se sent bien, que les choses vont dans notre sens et que nous aimons qui nous sommes. Mais qu’en est-il lorsque ce n’est pas le cas, ou que nous nous sentons déprimés, blessés ou bouleversés ?

Avant tout, nous ne devrions jamais laisser le pouvoir de notre état émotionnel à quelqu’un ou quelque chose ; la malveillance des uns, les frustrations des « petits chefs », les attentes familiales… sont le reflets de leurs propres conflits, non les nôtres. 

Mais surtout ; la gratitude est l’outil pour nous maintenir centré dans le contentement, tel des arbres solidement enraciné dans la terre, qu’aucun vents violents ne peut faire bouger.

Le mécontentement est l’illusion qu’il peut y avoir autre chose de mieux à vivre dans l’instant. 

Il n’y en a pas. L’instant est complet. 

Cela signifie que même dans les moments de tristesse et de bouleversements, il faut trouver une forme de contentement. Vivre l’émotion, sans l’éviter, la ressentir physiquement, la comprendre, puis la laisser aller. Et revenir sur la gratitude d’être, de ressentir, et de ce que nous avons. 

“Le contentement, c’est tomber amoureux de votre vie” Swami Rama 

NIYAMA #3 – TAPAS – Auto-discipline

Tapas signifie littéralement « chaleur » et peut être traduit par austérités, autodiscipline, effort spirituel, changement ou transformation.

Cela revient à se laisser « cuire » sous le feu de la discipline. 

En Inde, les représentations des premières postures de yoga n’étaient alors pas considérées comme des Asana, mais dans le registre de Tapas afin de s’établir fermement dans un certain état d’esprit qui ne faillira jamais sous l’influence des perturbations que le monde extérieur peut apporter. Certains renonçants spirituels pratiquent des austérités extrêmes encore aujourd’hui.

Sans aller jusque là, et en prenant compte de ce qui est possible, sans risque, et opportun pour nous dans notre contexte de vie actuel ; c’est faire preuve d’un effort déterminé pour développer une force de caractère.

Dans le yoga, avoir une pratique spirituelle quotidienne disciplinée est appelé sadhana.

C’est la cohérence de notre pratique quotidienne.

Il ne s’agit pas de pratiquer seulement quand tout va bien, qu’on en a envie, ou qu’on en a le temps. Car c’est bien dans les moments où on est le moins disposé à la pratique que tapas fait son effet.

C’est dans la pratique régulière sur nos tapis quelque soit notre état physique ou mental, renforçant notre capacité à rester dans le désagrément, et dans les choix quotidiens que nous faisons, que nous cultivons le pouvoir de ne pas subir les aléas de la vie. 

Établis fermement autant dans la pratique que dans la vie.

Choisissez de vous ouvrir sans crainte à l’expérience de la discipline régulière, même si cela échappe pour le moment à votre compréhension, cela viendra.

« Practice and all is coming » Pattabhi Jois

Vos opinions, attentes, priorités et habitudes changeront, alors sans efforts.

Le yoga est une science de la transformation.

Devenir ce que vous souhaitez être dans le futur demande des efforts dans le présent.

Les tapas sont les choix quotidiens que nous faisons pour brûler les habitudes non favorables à notre corps et notre esprit.

NIYAMA #4 – SVADHYAYA – l’étude de soi

Nos conditionnements, nos croyances commencent dès l’enfance. 

Nous apprenons très tôt à accepter la façon de faire de notre famille et à nous conformer aux normes culturelles. Puis nous ajoutons à cela tous ressentis issues de nos expériences de vie. 

Si vous écrivez rapidement les 5 premières choses qui vous viennent à l’esprit décrivant le monde tel que vous le voyez, chaque commentaire que vous avez utilisé pour décrire le monde vous en dira plus sur vous-même que sur le monde.

Si nous demandions à 400 personnes de faire de même, toutes les réponses seraient différents.

400 personnes, 400 mondes.

Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, nous voyons les choses telles que nous sommes.

Svadhyaya consiste à comprendre ce qui fausse notre vision. 

Les gens et les événements ne nous déçoivent pas, ce sont nos modèles de réalité qui le font. 

Quand quelque chose ne se conforme pas à nos systèmes de croyances, notre tendance est de blâmer ce qui est en dehors de nous, puis de justifier ce que nous pensons ou ressentons.

Chaque événement que la vie nous présente est une occasion précieuse d’apprendre la vérité sur les conditionnements dans lesquels nous nous sommes contraints.

Nous pouvons trouver des indices de notre paysage intérieur en observant nos pensées et perturbations émotionnelles, et en retraçant nos réactions à une croyance – en prenant la position du témoin.

Regardez-vous agir, et voyez comment vous avez constitué vos réalités, afin que votre système de croyance commence à perdre son pouvoir sur vous. 

C’est cela la liberté chère au Yoga ; Moksha.

Svadhyaya est notre capacité à observer l’ego plutôt que de s’identifier avec lui afin de nous rapprocher de notre véritable essence ; Atman.

Traditionnellement Svadhyaya impliquait l’étude des écritures sacrées.

Aujourd’hui nous pouvons rajouter à cela la lecture des livres de ceux qui ont étudié ces textes, mais aussi ceux sur le développement personnel, la psychologie…

Sans oublier la méditation ; une aide précieuse au développement de votre capacité à être témoin.

NIYAMA #5 – ISHVARA PRANIDHANA – faire confiance

L’origine des concepts psychologiques et cosmologiques du Yoga sont issus du Samkhya, exempt de religion. Les Yoga Sutra de Patanjali sont, eux, teintés de spiritualité religieuse.

En Inde, majoritairement hindouiste, il s’agit de choisir une déité et de lui vouer une dévotion sans faille via différents rituels. L’hindouisme est une religion. Attention donc à l’appropriation culturelle.

Considérons les Yoga Sutra comme destinés aux chercheurs spirituels. 

“La personne qui enquête doit être libre de croyance, de dogme, de rituels ou de « maître » afin d’enquêter sur la vérité.” – Krishnamurti

Ishvara Pranidhana présuppose qu’il y a une « force » à l’œuvre dans nos vies ; force qui crée la vie, l’expansion des galaxies, les cycles de la nature, l’équilibre de notre monde… C’est un concept métaphysique appelé parfois « conscience cosmique » ou « divinité » ; Brahman.

Ishara Panidhana signifie littéralement s’abandonner à la divinité. 

Vous avez sans doute déjà ressenti des moments de parfaite harmonie, où vos actions, vos pensées, et l’activité dans laquelle vous étiez engagé se sont alignées, que ce soit en regardant un coucher de soleil, en créant… en vous abandonnant à l’instant.

La science du Yoga nous dit que nous pouvons vivre de cette façon tout le temps, à moins que nous nous mettions nous-même des « bâtons dans les roues ».

Les pratiques de Yoga nous apprennent à nous libérer du contrôle de l’ego qui rétrécit notre perspective ; nous lâchons prise et arrêtons de lutter. 

Se débarrasser de notre armure nous ouvre à des niveaux de conscience de moins en moins altérés qui nous permettent de mieux comprendre ; que l’impression d’être une entité séparée des autres est une illusion, que nous créons notre réalité, qu’il y a un sens et une raison à tout.

Ishvara Pranidhana nous invite à faire confiance en la vie, afin de recevoir ce qu’elle nous présente, tout en appréciant l’ampleur et le mystère de ce à quoi nous participons.

CONCLUSION

Les Niyamas sont une invitation à explorer à quel point notre vie peut être joyeuse, à quel point nous pouvons nous sentir bien, et nous guident pour soutenir cette exploration.

C’est partir à la quête de Soi. 

Le « Soi » étant dans les textes cette part de divinité qui est en nous ; Atman, ou Purusha pour le Samkhya. C’est notre niveau de conscience le plus pure, notre essence.

C’est ce qu’il reste lorsque l’on fait taire le « Moi » – notre ego (Ahamkara) qui fausse notre perception ; les pensées et actions issues de nos conditionnements, de nos mémoires cognitives et akashiques, et de nos sens ; Prakriti. 

Tout ce dont nous avons besoin est déjà en nous.

Changer notre perception demande de la curiosité et un esprit d’aventure. 

De ce point de vue, il n’y a pas d’échec possible puisque toute expérience de vie nous donne des informations précieuses. La vie devient un laboratoire.

Soyez enthousiasmés par ce que vous avez à découvrir.

Les Niyamas, comme les Yamas, ne sont pas des positionnements moraux avec des règles strictes, suivant le concept du bien et du mal de la moralité judéo-chrétienne. 

Ces principes regardent la vie à travers le prisme du cause à effet.

Ils ne vous diront pas quoi croire ou quoi chercher dans votre vie pour votre propre épanouissement ; mais vous équiperont des outils pour vivre habilement chaque situation qui se présente avec flexibilité, compréhension et sagesse.

Ce sont vos choix quotidiens auxquels vous devez prêter attention. 

Surveillez de près vos actions et pensées, découvrez ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

La pratique de La pureté (Saucha), du contentement (Santosha), de l’auto-discipline (Tapas), de l’étude de Soi (svadhyaya) et de la confiance en la vie (Ishvara Pranidhana), nous permet :

De se débarrasser de ce qui nous pèse.

De tomber amoureux de notre propre vie.

De brûler les habitudes non favorables à notre corps et notre esprit.

D’observer l’ego plutôt que de s’identifier à lui.

De prêter attention à ce que la vie nous offre

Les YAMAS à l’intention des pratiquants d’aujourd’hui

Les YAMAS à l’intention des pratiquants d’aujourd’hui

YAMA #1 – AHIMSA / La non-violence

Les blessures physiques ou verbales sont des formes de violence qui sont faciles à voir et à comprendre. Cependant, la non-violence a aussi de nombreuses implications subtiles. 

Pensez, par exemple, aux moments où vous avez pu faire preuve d’irritabilité, de manque de patience, d’attention, jusqu’à peut-être des explosions de colère avec vos proches ou même des inconnus, et faites le lien avec un trop plein de chose à gérer, trop d’excitants (café, alcool, malbouffe…), ou des nuits de sommeil trop courtes. 

Notre capacité à être non-violent envers les autres est directement liée à notre capacité à être non-violent avec nous-mêmes ; le déséquilibre dans nos systèmes engendre la violence, car ce que nous ressentons à l’intérieur trouve son chemin vers l’extérieur. 

L’équilibre n’est pas quelque chose que nous pouvons planifier. Il est propre à chacun et peut varier d’un jour à l’autre.

Pour être en harmonie avec nous-mêmes, nous devons taire nos pensées polluantes et écouter ; tenir compte de cette voix intérieure qui sait simplement ce dont nous avons besoin.

Essayez au moins une journée de garder votre équilibre comme si c’était votre bien le plus précieux. Ne cherchez pas à programmer quoi que ce soit pour se faire, ou à vous faire une idée de ce à quoi cela doit ressembler. Au lieu de cela, trouvez des conseils dans les messages de votre corps et répondez à ces besoins. 

Vous sentez-vous fatigué physiquement ou mentalement ? Allongez-vous, posez votre corps et surtout votre tête. Observez. 

Votre corps est lourd, engourdi ? Sortez prendre l’air, ou dérouler votre tapis, étirez-vous comme un chat, ou danser.

Avez-vous faim ? Ne répondez pas aux horaires imposées, ne manger que quand vous avez faim, sans vous goinfrez, ni vous affamez. Mangez sainement.

Explorez à quoi ressemble l’équilibre pour vous.

Observez combien de plaisir, de gentillesse et de patience vous pouvez vous permettre d’avoir avec vous-même.

YAMA #2 – SATYA / La sincérité

Satya est associé à la non-violence ; dire notre vérité sans nuire aux autres, ou à soi. 

La vérité exige de l’intégrité envers la vie et envers nous-mêmes, c’est plus que ne pas dire un simple mensonge.

“Un mensonge n’aurait aucun sens à moins que la vérité ne soit ressentie comme dangereuse” Carl Jung

Qu’est-ce qui pousse à (se) mentir sur qui l’on est vraiment ? 

À être gentils plutôt que sincères ?

À se taire alors qu’on en pense pas moins ? 

À dire oui quand il faudrait dire non ? 

Ou, comme Carl Jung nous le demanderait, qu’est-ce qui est si dangereux à propos de la vérité que vous choisissez de mentir ?

De qui ou de quoi demandons-nous l’approbation ?

La vérité semble rarement nous demander le choix le plus facile.

Prenons l’exemple de l’appartenance à un groupe vs le besoin de se développer et de grandir. Les groupes auxquels nous appartenons sont nombreux : notre culture, nos amis, notre classe sociale, notre tranche d’âge, notre famille, notre communauté… Lorsqu’un conflit surgit entre le besoin d’appartenir et le besoin de grandir, nous devons faire un choix. Nous devons soit sacrifier une partie de nous-mêmes pour maintenir notre appartenance, soit risquer l’approbation et le soutien du groupe. La vérité de notre liberté porte parfois le prix de la culpabilité.

« La vérité change avec le temps. » Carl Jung

Ce qui est vrai à un moment donné pour nous, mais ne nous sert plus, devient finalement un mensonge.

Cherchez les idées ou les croyances qui vous servaient autrefois et qui sont maintenant devenues obsolètes. Au fur et à mesure que vous lâchez ce qui ne vous sert plus, faites attention où le déni se faufile.

Partez dans la quête audacieuse de la vérité et la dynamique, plus profonde qu’il n’y parait, de la sincérité, vers un vous plus clair et plus authentique.

Satya vous aide à devenir une personne en qui vous pouvez avoir confiance.

YAMA #3 – ASTEYA / ne pas voler

Nous volons les autres, nous nous volons nous-mêmes et nous volons la terre.

Si nous vivons dans la peur et les mensonges, notre insatisfaction envers nous-mêmes et nos vies crée une tendance à voler ce qui ne nous appartient pas de droit. 

Cette insatisfaction peut mener à se comparer aux autres, à vivre par procuration ou à essayer de les contrôler, ou de les manipuler dans une tentative de se sentir mieux.

Comme en ramenant toute conversation à soi ; la conversation devient à propos de nous et nous l’avons volé au lieu d’être présent pour l’autre personne. Ou encore d’entraîner les gens avec nous, faire jeux des rumeurs, critiques et remarques sarcastiques, ou ruiner un moment qui se devait agréable par la mauvaise gestion d’une émotion – tout cela est du vol.

 

L’intention est alors de nous servir nous-mêmes, pas les autres.

En s’imposant une image de soi qui n’est pas vrai, nous volons le déploiement de notre propre unicité. Toutes les exigences et attentes que nous nous imposons nous volent notre propre enthousiasme. Tout auto-sabotage, faible estime de soi, critiques et exigences de perfection sont des formes d’auto-abus dans lesquelles nous détruisons l’essence même de notre vitalité. 

Nous nous volons nous-même.

Le mot sanskrit Adikara – le droit d’avoir – implique que si nous voulons quelque chose, nous devons développer la compétence requise pour l’avoir. 

Nos résultats dans la vie sont conformes à nos capacités, pas nécessairement à nos souhaits et objectifs, or nous n’obtenons que ce que nous avons la compétence d’avoir et de garder. 

La compétence comprend la capacité de voir ce qui est juste pour nous.

Soyez enthousiasmés par les possibilités de votre propre vie.

Enfin, nous sommes de simples visiteurs de l’expérience humaine. Apprécier pleinement cette réalité, c’est accepter qu’user et abuser notre planète est une forme de vol.

Les écritures védiques, animistes, parlent de ne rien prendre sans donner quelque chose en retour. Nous devons retrouver notre sens de la gratitude, se souvenir de nos ancêtres, même minéraux ; être les gardiens actuels dans cette lignée d’existences passées et futures.

YAMA #4 – BRAHMACHARYA / La gestion saine de ses plaisirs

Brahmacharya a longtemps été interprété comme signifiant le célibat ou l’abstinence, puisqu’originellement à l’attention des brahmanes et autres renonçants. 

Pourtant dans la lignée de l’Ashtanga par exemple, S.K. Patthabi Jois < T. Krishnamacharya < R.M. Brahmacari, ce sont tous des pères de famille. 

Et si on a en tête les « récentes révélations » concernant l’église catholique, il est évident que l’abstinence est une forme d’excès qui n’engendre rien de bon. 

 

Brahmacharya implique de traiter notre sexualité, comme nos autres formes de plaisirs, d’une manière consciente et respectueuse plutôt qu’excessive.

Nous sommes une société d’excès loin de saisir le concept du « juste assez ».

Pourtant pensez à la façon dont l’excès s’impose sur la joie du moment : la lourdeur, la culpabilité, d’un estomac trop plein, l’irritabilité dû à trop de travail, le poids du manque de sommeil, le prix à payer de soirées trop festives, l’insatiabilité de trop de possessions…

Pouvez-vous profiter du plaisir sans excès ?

Le non-excès n’est pas une question de non-plaisir. 

Il s’agit en fait de la jouissance et du plaisir dans son expérience la plus complète.

Prenez conscience que notre esprit relie certains états émotionnels à certaines activités. Quand une activité est synonyme de satisfaction, nous avons un besoin addictif de répétition des sentiments associés à cela, nous devenons dépendants.

Si nous sommes dans le plaisir et non dans la dépendance, nous pratiquons le brahmacharya.

Brahmacharya nous aide à manœuvrer à travers les exigences de la société sans qu’elles ne nous dirigent.

Pratiquer le non-excès préserve et honore la force vitale en nous, afin que nous puissions vivre avec clarté et respect de nous-même.

Pouvez-vous vous respecter ?

YAMA #5 – APARIGRAHA – la non-possessivité

Aparigraha ; non-possessivité, non-attachement, non-avidité, pourrait se résumer par la capacité au « lâcher prise ». 

Ce dernier YAMA nous invite à profiter pleinement de la vie tout en étant capable de tout laisser tomber à tout moment : nos convictions, nos souvenirs, nos rôles, nos biens, nos agendas, nos plaisirs, l’image qu’on se fait de soi, notre besoin des autres. 

Vivre pleinement sans s’attacher n’est pas une chose facile quand on éprouve la plénitude d’être aimé, la satisfaction d’un repas superbe, la reconnaissance du travail bien fait… On peut facilement vouloir s’accrocher et ne jamais lâcher.

Le non-attachement ne signifie pas que nous nous fermons d’une manière ou d’une autre des plaisirs et de la joie de vivre, mais à prendre conscience de l’impermanence. 

C’est dans la nature des choses de changer. 

S’accrocher à l’idée que quelqu’un, ou quelque chose, puisse toujours nous apporter la même satisfaction, en étant toujours identique à l’image qu’on s’en fait, et là pour nous toujours de la même manière est illusoire.

Nos tentatives pour nous y accrocher finissent par nous mécontenter.

Ce que nous tenons, commence à nous tenir – nous créons notre propre prison.

Nos croyances sur nous-mêmes, sur la façon dont la vie devrait être, sur la façon dont les autres devraient être, nous maintiennent dans l’esclavage de notre propre évolution, nous gardant aveugles aux nouvelles opportunités qui nous entourent.

Aparigraha nous invite à lâcher prise pour que la prochaine chose que la vie veut nous apporter puisse avoir l’espace de venir.

Faites confiance à la vie comme vous faites confiance à votre souffle. 

Profitez de la plénitude de l’inspiration, puis lâchez prise tout aussi profondément et pleinement, en profitant de la libération de l’expiration. Plus nous relâchons notre respiration, plus il y a de place dans notre corps pour la prochaine inspiration.

Le voyage de la vie est vers la liberté. Restez disponible pour elle.

CONCLUSION

Les Yamas ne sont pas des commandements, mais des aides à la réflexion. 

Les Yamas, traduits par « contraintes », sont comme des lignes de conduite qui nous informent lorsque nous faisons fausse route et nous guident vers l’harmonie.

Intégrer les Yamas nous aide à ne plus chercher tant vers l’extérieur de quoi se sentir bien, mais à partir en quête de satisfactions émanant de notre être intérieur. Là où réside notre joie de vivre.

Ils nous orientent vers le respect et l’appréciation de notre propre vie au sein de la société.

Nous sommes des créatures sociales, vivant sur une planète pleine d’autres formes de vie, où nous devons apprendre à vivre ensemble, et voir au-delà de nos propres besoins. 

En ce sens, nous pouvons considérer les Yamas comme des disciplines sociales, nous guidant vers l’harmonie et une relation juste avec le monde.

Ils demandent du temps pour être intégrés, et une observation bienveillante sur nos propres pensées et actions. 

Comme toute pratique de Yoga, ils demandent une pratique quotidienne.

La pratique de la Non-violence (Ahimsa), de la Vérité (Satya), du non-vol (Asteya), de la gestion saine des plaisirs (Brahmacharya) et de la non-possessivité (Aparigraha) nous permet :

  • De cesser de nous faire du mal, à nous-mêmes et aux autres, pour plus de compassion pour soi et les autres. S’aimer pour mieux aimer.
  • De cesser les mensonges et demi-vérités en faveur de l’expression de notre propre unicité
  • D’acquérir de nouvelles compétences et capacités pour notre plus grande joie
  • D’apprécier les plaisirs de la vie sans excès, afin de les vivre pleinement 
  • De ne pas porter, et faire porter, le poids de l’attachement. Libre de saisir ce que la vie nous offre.
Le Yoga est-il un sport ?

Le Yoga est-il un sport ?

En décembre 2020 le ministre des sports en Inde reconnaissait le yogasana comme « pratique sportive de compétition » et déclare, miroitant les jeux olympiques, et reprenant Swami Vivekananda : « le YOGA est le cadeau de l’Inde au monde, YOGASANA est un cadeau au monde du sport. »

Aujourd’hui beaucoup ne voient pas le problème, certains y verront une contradiction, d’autres y voient une insulte qui n’aide en rien.

On appréciera la différence entre Yoga et Yogasana, à savoir : la pratique posturale du yoga, qui apparaît comme telle avec le tantrisme et la branche des Hatha Yogi vers le 12e siècle. Les postures que l’ont trouvent avant cette époque étaient alors considérées comme des pratiques d’austérité (Tapas) tel des sacrifices où le corps est contraint. L’asana n’était autre que l’assise; la position prise pour méditer.

On gardera en tête :

  • que beaucoup de maître spirituels, sanskritistes et yogi, d’aujourd’hui, et d’hier comme S. Vivekananda, ne pratiquent pas les postures (asana)
  • que l’Inde, dans sa quête de reconnaissance, profita d’un élan mondial pour le culturisme dans les années 20/30, pour réintroduire, grâce à l’ingéniosité de certaines grandes figures comme T.Krishnamacharya, la pratique posturale du yoga comme accessible à tous,
  • qu’avant cela, les Hatha yogis étaient considérés, notamment par l’empire britannique, comme des mendiants peu recommandables, confondus avec les fakirs et craints par les indiens eux-mêmes. Des ascétiques renonçants, parfois mercenaires, pratiquants encore les sacrifices pour certains.
  • que depuis démonstrations, photos et compétitions de postures existent en Inde,
  • que cette confusion avec le sport ne devrait donc pas être vues comme venant de l’esprit pervers et ignares des occidentaux, mais venant bien de l’Inde elle-même, et que l’occident en retour, a contribué, n’en déplaise à Narendra Modi, à l’engouement du Yoga en Inde aujourd’hui, et à une part importante de son tourisme. 
  • que N. Modi est un Hindou nationaliste radical qui, en utilisant le yoga pour servir ses idéaux, aimerait bien nous faire oublier que, bien qu’étroitement lié à l’hindouisme du fait de la caste des Brahmanes, le Yoga est un Darshana : un courant philosophique au même titre que le Samkhya qui lui est lié, et qui lui, est totalement athéiste. Durant les millénaires qui ont façonné le yoga, on trouve divers courants spirituelles autres que l’hindouisme; les Sramanas, le Jaïnisme, le bouddhisme, le soufisme, et de la religion Ajivika aujourd’hui disparue. Le Yoga n’appartient pas à l’hindouisme.

Depuis l’utilisation du Yogasana en Inde, et son exportation comme pratique accessible à tous, voilà maintenant un siècle :

  • le mot Yoga, utilisé à mauvais escient, est devenu, souvent par ignorance, la désignation une nouvelle forme d’aérobic, et même parfois venant de l’ancien français « desport », d’amusement.
  • nos sociétés basées sur le capitalisme en ont crée un business lucratif – un produit de consommation. Ceux ayant le plus d’interêt à cela ne se sentant nullement concernés par cette utilisation à l’encontre des principes même du Yoga.
  • « enseigner le yoga » est devenu une profession rémunérante où l’on ne choisit plus ses disciples, mais où l’on compte ses followers. Beaucoup le voient comme un choix de carrière dans l’industrie du fitness, utilisent les réseaux pour obtenir des tenues, bijoux ou autres en l’échange de placement de produit, proposent des retraites pour se faire des vacances, des séances de somnolence qu’ils appellent méditation et des formations de plus en plus courtes alors qu’eux-même n’y comprennent pas grand chose. Les plus sincères quant à eux, se voient forcer de répondre aux exigences des élèves devenus des consommateurs exigeants et pressés si ils veulent en vivre, ou comprendre la contradiction et s’imposer une ligne de conduite qui leur est propre, sans grand apport financier – le choix est cornélien.
  • Même en Inde c’est devenu un business rempli de charlatans aux réajustements et à l’enseignement douteux, qui profitent de la crédulité de certains, et où l’on trouve même des formations pour devenir guru. Il ne suffit pas d’être indien pour être un bon enseignant.

La définition du mot « Sport » dans le Larousse donne : Activité physique visant à améliorer sa condition physique. Si l’on s’arrête à cela, alors oui, la pratique des asanas peut être considérée comme un sport. Le concept étant que les pratiques plus subtiles telle que le pranayama ou la méditation se font plus favorablement dans un corps sain, exempt de maladies et de déséquilibres. Il s’agit de recréer le lien avec le plus grossier de nos koshas ; Pancha Kosha, le corps physique pour accéder au suivant, prana-maya kosha, le corps énergétique, qui donnera accès au suivant etc…

Les bienfaits du Yogasana sur notre organisme, ont été à maintes fois prouvés, au même titre que toute pratique sportive d’ailleurs. Même réduit à cet aspect, le Yogasana aura l’avantage de ne pas travailler le corps en déséquilibre comme le tennis, le golf, le jogging ou autre. Travaillant le gainage, donc en profondeur, plutôt qu’avec les muscles superficiels, permettant de soutenir les articulations. Un yoga dynamique renforcera le coeur par son aspect cardio. Une respiration synchronisée équilibrera le système nerveux et amènera cohérence cardiaque, renforçant l’ensemble.

Doit-on donc s’offusquer que beaucoup pratiquent le Yogasana sans aucune conscience que ce n’est que la porte d’entrée vers une quête spirituelle ? Pas sûr… pourquoi leur en priver ?

D’autant que parmi les millions de pratiquants de Yogasana, une partie pour sûre sera transformée; dans l’idéal, doucement mais sûrement avec le temps, intégrant petit à petit une nouvelle vision, de nouvelles habitudes et une curiosité croissante. 

Certains partiront à la recherche d’une communauté, d’une spiritualité, voir d’une religion, et s’y perdront peut-être…, d’autres se tourneront vers la philosophie et l’étude des textes indiens, d’autres plus volontiers vers la psychologie et les neurosciences, d’autres encore vers la quête des facultés de précognition, l’intuition et l’aspect ésotérique. Quelque soit le chemin pris, et d’où qu’ils partent, ceux-là vont dans la bonne direction ; celle des prises de conscience. 

Un débutant inconscient aujourd’hui peut, dans 15 ans, contribuer avec justesse à la transmission, pour son plus grand bien et celui de ceux qui l’entourent. C’est pour eux que nous avons le devoir de transmission.

Quel enseignant aujourd’hui a commencé à donner des cours en parfaite connaissance et compréhension des textes, et des multiples aspects qu’implique le Yoga ? 

Nous ne sommes pas des acharya, simplement des pratiquants avec un peu d’avance.

Les connaissances du Yoga sont si vastes et l’esprit humain si limité. Plus on en sait, plus on se rend compte qu’on ne sait rien. 

À l’image de Krishna, envoyé sur terre pour aider à la préservation de l’harmonie (Dharma), le yoga a une infinité de visage, et peut être perçu de maintes façons car dans les yeux de celui qui l’étudie. Vision qui s’éclaircie au fil des années de pratique et d’étude, offrant une compréhension toujours plus fine. C’est l’affaire d’une vie, de plusieurs même. 

Le Yoga n’est pas un dogme et aucun livre ne vous apprendra tout ce que vous devez savoir dessus de manière claire. Les datations des textes sont confuses, les courants sont multiples et se contredisent parfois, les traductions du sanskrit « adaptables », les exagérations courantes, les textes sont parfois en langage codé, car le secret du yoga se mérite. Vous devez enquêter et chercher vos propres réponses. Vous pouvez apprendre des techniques, qui vous mèneront graduellement à la cessation du brouhaha de votre mental, de vos interprétations, de vos conditionnements, voir à vivre l’enstase un bref instant. Mais le reste est une quête solitaire qui ne s’apprend pas, mais se révèle.

Malgré l’apparente accessibilité du yoga à notre époque, le nombre grandissant d’indianistes, et de sanskritistes occidentaux, l’accès aux textes et la compréhension par la science des composantes, même ésotériques, du Yoga, d’autres difficultés sont apparues, propres à notre époque, lui gardant précieusement son statut nécessaire de recherche laborieuse. 

« Parmi des milliers de personnes, peut-être qu’un atteindra la perfection; parmi ceux qui s’efforcent et même ceux parvenu à l’accomplissement, à peine un me connaîtra réellement. » Krishna dans la B.G (7.3)

D’après T.Krishnamacharya, un système de yoga posturale complet devrait combiné trois aspects du vinyasa krama ; vinyasa chikitsa (l’approche thérapeutique), vinyasa sakti (l’augmentation de la force vitale – ujjayi et les bandhas) et vinyasa adhyatmika (l’aspect confiance/sacrifice qui amène au plan plus subtile), 

Même si réduit à son aspect le plus grossier ; l’aspect thérapeutique, on peut se demander si le Yogasana comme « pratique sportive de compétition » est bien celui issu du Hatha (impliquant kria, pranayama, méditation..) ou simplement le Yoga Fitness, qui aura peu de chance d’éveiller quoi que ce soit, à part l’ego et des blessures, et s’approprie des codes qui le ne concernent pas.

Alors oui il semble irrespectueux de confondre Yoga, et même Yogasana, et sport, « de compétition » de surcroit. De se voir inviter sur des pages « Nama’Stay Fit » ou proposer des « masterclass pour réussir dans le business du yoga », comme il est irrespectueux d’avoir une cuvette de toilette à l’effigie de Krishna même si on n’est pas hindouiste. 

Mais qui blâmer pour cela ?

Tout le monde n’est pas apte au Yoga dans sa profondeur. C’est un chemin pour tenter de voir les choses dans leur lumière véritable, de déchiffrer le sens, s’il existe, des émotions et des tourmentes de l’existence en prenant sa propre vie pour champ d’expérience. C’est prendre du recul, sans cesse veiller, au risque de laisser émerger quelques questions bouleversantes sur notre existence. Soyons réalistes, tout le monde n’est pas prêt à cela, n’a pas le temps ou les capacités d’y parvenir. 

Tant mieux si la pratique du Yoga limitée à la pratique des asanas et un peu de pranayama thérapeutique, permet à beaucoup de se sentir mieux – c’est déjà bien à une époque où le niveau de concentration se limite à quelques minutes. Laissons le Yoga leur mettre sur la route l’enseignant qui les réveillera, et leur chuchoter qu’il y a plus à découvrir pour peu qu’on s’en donne les moyens. 

Gratitude à tous les pratiquants sincères, devenus enseignants ou pas, qui luttent à leur manière, tels des guerriers de lumière contribuant à la transmission même imparfaite, en permettant à d’autres, par leurs partages, de toujours mieux comprendre, d’éveiller leur curiosité, d’ouvrir des portes, de se questionner. Merci à tous ces chercheurs spirituels des temps modernes, vivant eux-même au coeur du désordre, luttant contre l’accélération ambiante en étudiant une science qui va à contre-sens, accueillant les joies et les difficultés d’une pratique consistante pendant une longue période de temps. Leur rôle est grand.

« Ne pas instruire celui qui est mûr, c’est gaspiller un homme.

Instruire celui qui n’est pas mûr, c’est gaspiller sa parole. » Confucius

Le Yoga a su s’adapter de nombreuses fois, et même se réinventer, dans le chaos grandissant d’une époque (Kali Yuga) pour ne pas disparaître – Gloire à lui. 

Aujourd’hui, il y a plus de personnes, de toutes origines, qui étudient avec sincérité le Yoga dans le monde, qu’il y en avait avant le 20è siècle en Inde, réjouissons-nous.

Le yoga fait partie de l’héritage de l’Inde, mais appartient à l’humanité.

#DharmaTushti