Envie de croire

Envie de croire

Envie de croire qu’il nous est encore possible de recréer le lien avec la nature.

Penser que nous pouvions tout intellectualiser; tout régler, contrôler, décider.. était sans doute la pire preuve de naïveté dont l’humanité ait pu faire preuve.

Envie de croire que nous pouvons cesser d’exploiter, ravager et manipuler.

Envie de croire que nous pouvons réapprendre à vivre en harmonie avec les cycles naturels, comprendre leurs signes et leurs languages propres. Loin des traitements hormonaux ou tout autre perturbateur, sans plus s’imposer les obligations sociales ou culturels. 
Redevenir attentifs aux saisons, aux cycles lunaires… à ce qu’il se passe en nous.

Le respect de soi passe par le respect des autres.
Envie de croire que nous pouvons retrouver le respect de toute forme vivante. Se reconnaître dans l’autre.
Nous avons oublié que nous étions tous connectés.

« Nous ne sommes que poussières d’étoiles » Hubert Reeves

Nous devons arrêter de séparer science et spiritualité, elles ont plus en commun qu’elles ne le croient.
C’est la complémentarité des deux qui ravivera les sagesses anciennes.

Envie de croire en nous, en une définition du bonheur qui n’a rien à voir avec la soit-disante « vie réussie » d’un dictat culturel, social ou familial.
Le concept de réussite ne devrait être que personnel, distinct d’un individu à l’autre.

Être le plus riche du cimetière n’apportera rien. Quant à la beauté, elle n’est que subjective et fugace.
Les blessures non acceptées, elles, persistent. Les repousser ne les rendra que plus douloureuses et profondément ancrées.

Retrouver du temps. Le temps de penser, de s’interroger, de remettre en question, d’observer. Mettre de coté les fausses priorités, l’accumulation, la course après l’impression futile d’une vie « remplie »…. 
Revenir à la simplicité.

Ecouter les discours intérieurs, et parmi eux, reconnaître cette voix, qui, elle, sait. 
Prendre le temps de l’écouter, de lui donner l’espace d’être entendue, prise en considération.

Envie de croire que nous pouvons ouvrir les yeux sur ce monde de manipulation par l’abrutissement, la peur et l’argent, les plaisirs éphémères. Sans que la colère ne mène à la haine mais à la conscience et au détachement.

Quand nous remplissons nos têtes, comme par peur de l’ennui, de choses qui n’ont pas réellement d’importance, qui ne nous nourrissent pas… nous ne réfléchissons pas à l’essentiel. 
Revenir à l’essentiel.

« Les épreuves de la vie renferment des cadeaux. Si on n’apprend pas la leçon, elles resteront un fardeau.” Nathy-Labell

Nous sommes des oublieux alors que nous devrions transmettre la mémoire de nos sociétés, comme de celle nos familles, aux jeunes générations, sans honte, sans tabou, sans interprétations.
Qu’eux-même puissent être conscients de certains blocages générationnels qui peuvent être dépassés. Qu’ils sortent de ces cycles qui se répètent.

Le yoga peut aider à tout cela. Vous guidant tout au long du chemin. Nous aidant à (re)prendre conscience de plus en plus subtilement. 
Commencer par soi mais non finir par soi.

Non en utilisant le yoga uniquement comme un système d’embellissement ou de santé, qui, poussé à son extrême peut devenir toxique, repoussant parfois l’idée de l’impermanence et de la mort. 
Non à des fins professionnels, emprunts de compétition, miroitant sur les fruits possibles d’une pratique avancée d’apparence. Voulant plaire à une autorité embellie, à une famille, une communauté, à soi..

Mais par conviction en cette science, en cette force qui nous anime, en cette magie qui est en nous.

Envie de croire que nous pouvons changer les choses. Envie de croire que nous pouvons influencer le cours des choses. Que l’union fait la force.

L’intention du yoga postural est de soigner le corps uniquement afin que l’esprit soit plus clair, plus vif, que l’énergie permette la concentration sur les grandes questions de la vie.

Coupés de la nature comme nous le sommes, dupés, trahis; le scepticisme qui s’est emparé de nous, nous a fait oublier qu’il était encore possible de croire… 
Croire en nos valeurs propres, croire en nos rêves. 
Croire en notre connection et la force, le potentiel, de cette énergie qui nous est commune.

Croire en la magie de la vie. Croire au yoga.

Envie d’y Croire.

#ledormeurdoitseréveiller

Moolaa Bandha et le Prana

Le Prana est décrit comme « l’énergie vitale omniprésente du cosmos »; la force de vie de tout l’univers matériel et, qui, au sein de l’homme, est susceptible de prendre deux formes: l’énergie physique et mentale.

Le prana coule dans le corps pranique au travers des nadis, les méridiens d’énergie. Parmi les 72,000 nadis du notre corps pranique, les plus importants sont; ida, Pingala et Sushumna. 
Ida représente l’énergie mentale, Pingala l’énergie physique et Sushumna l’unification des aspects mental et physique.

Il est dit que les chakras qui se déroulent le long du nadi sushumna canalisent le prana dans le corps par le plexus nerveux et les glandes endocriniennes, de l’axe spinal du cerveau au plancher pelvien.

Dans les tantras, on dit que la totalité des 72,000 nadis du corps proviennent de la medhra (fondation) du sukshma charira (corps astral) situé juste au-dessus de mooladhara.

« Moolaa bandha stimule tous les nadis. De même, tous les nadis étant liés aux mécanismes du système nerveux central, la pratique de moola bandha représente également une contraction de certains commutateurs du cerveau, qui stimulent la relaxation physique, mentale et spirituelle. » 
S. Buddhananda « Moola bandha, the master key »

Il y a 5 principaux pranas (sous-pranas de mahaprana). 
Tout comme les différentes couleurs de l’arc-en-ciel se complètent pour former une lumière blanche, les pranas se complètent de manière fonctionnelle pour créer une harmonie dans le corps.
L’apana prana est la force descendante au-dessous du nombril. Le Prana Prana réside dans la poitrine et bouge avec la respiration.

«Le cours naturel de l’apana (prana) est descendant, mais par contraction à mooladhara, il est amené à remonter le long sushumna où il rencontre le prana (prana). Lorsque le dernièr vayu atteint la zone du feu située sous le nombril, le feu devient vif et puissant, attisé par l’apana. La chaleur dans le corps devient alors très puissante et la kundalini, la sentant, se réveille de son sommeil »
Sir John Woodroffe « Le pouvoir du serpent »

La perfection de moola bandha entraîne l’union du prana et de l’apana au niveau du chakra manipura. Avec cela, la kundalini endormie est réveillée et la sushumna est énergisée.

#thepowerswitch

Sur nos tapis…..

Sur nos tapis…..

Asanas et pranayamas pratiqués de nos jours, sont ce que l’on appelle le yoga physique «externe» – du Hatha yoga

Les techniques propres au Hatha Yoga, avant d’être rassemblées dans Hathapradipika (15e siècle), ont été introduites dans des textes, la plupart d’entre eux attribués à Goraksanath – hindi Gorakhnath – (disciple de Matsyendranath, sramana tantrique) qui fonda le Nath sampradaya, les premiers à s’appeler Yogi (12-13e siècle)

Les techniques sont les suivantes: Sat karma (purification), asana (posture), pranayama (contrôle du souffle), mudra (sceau du corps) et bandha (verrouillage).

Rappelons peut-être, que le terme asana (siège, s’assoir) utilisé avant, et notamment par Patanjali (4-5e siècle), ne fait nullement référence à la pratique de postures mais à l’assise découlant vers le pranayama et la méditation. Les premiers bas-relief de postures trouvés dans la vallée de l’indu étaient alors appelés tapas – la naissance du yoga vient des ascètes védiques (1500-1000 av.JC).

Au fil des siècles, dans les textes, le Hatha Yoga a désigné un système de techniques physiques – nécessaire au début du sadhana (chemin spirituel) – censé aboutir à divers résultats: élever et conserver Bindu (amrita), unifier les vayus et l’élévation de la kundalini shakti (..vers shiva, soit l’union de l’énergie avec la conscience). Il est intéressant de noter que les textes ultérieurs, tels que Sivasamhita (14e siècle), ne mentionnent même pas le bindudharana, mais uniquement l’élévation de la Kundalini. Les postures inversées, sans doute les plus anciennes, gardent toutefois cette notion de Bindu pour beaucoup.

Malgré une diversité d’explications, les techniques Hatha ont toujours pour objectif principal d’atteindre: les sidhis (pouvoirs) et jivanmukti (la libération dans cette vie)

Pour les ascètes contemporains, le Hatha Yoga est analogue à Tapasya (austérités), ou mieux, c’est la détermination forte qui peut conduire à tapasya. Pour eux, le Hatha yoga n’est pas un système de yoga, il représente plutôt une attitude mentale: une ferme intention d’accomplir, ou d’enrichir, un objectif. Le mot Tapasya vient du mot tapas (chaleur), résultant donc à une pratique physique mais aussi mentale.

Plusieurs conceptions différentes du Hatha yoga coexistent parmi les ascètes contemporains; détermination forte, l’union du soleil et de la lune, une discipline de manipulation du souffle, un kriya ou une pratique physique pour un corps en bonne santé (cf.annamaya et pranamaya koshas).

Il est probable que ce que l’on appelle aujourd’hui le Hatha yoga est le résultat de traditions et de pratiques diverses qui, à un moment donné, ont été rassemblées et organisées dans un système qui n’a jamais été reconnu par tous.

Les compréhensions contemporaines s’alignent toutefois sur la majorité des sources textuelles médiévales pour assurer que la méditation est le thème central et les asanas et pranayamas sont préliminaires à la pratique principale.

Pour ceux qui vivent le yoga comme une expérience individuelle et ont choisi ce chemin comme ayant un sens spirituel spécifique, il est aidant de comprendre l’origine du hatha yoga et son développement transnational pour mieux cerner le lien avec l’ashtanga yoga (raja yoga) de Patanjali

«A toi, le Seigneur primordial, qui a enseigné le Hatahayoga-vidya, un escalier pour ceux qui souhaitent atteindre le noble Raja-Yoga» Hathayogapradipika (1: 1)

Réf.: Mallinson, Sears, Birch, Singleton, Iyengar